Le blog de la Fondation Aidara Cherif

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vendredi 6 janvier 2017

Voeux 2017 du président de la Fondation Aïdara Cherif

Je forme des vœux pour que s'ouvrent les frontières afin que chacun puisse circuler librement car cette liberté est la meilleure manière de combattre la violence et la guerre. C'est, en effet, par la rencontre et la fréquentation des autres peuples que l'on apprend à se connaître, à se respecter et, conséquemment, à s'aimer. Plus nous nous rencontrerons, plus s'implanteront dans nos cœurs le pardon, la fraternité et, ainsi, plus aisément, parviendrons-nous à substituer aux pulsions de violence et de mort, qui parfois nous submergent, le désir et l'amour de la vie.

Je forme des vœux pour que chacun, en ces temps de violence extrême, trouve la force de résister à la méfiance, au rejet et à la haine de l'autre et se garde du raisonnement erroné qui consiste à généraliser en concluant de quelques-uns (une très faible minorité de malfaisants) à tous, car une méfiance excessive conduit immanquablement à une destruction collective. Sachant que plus on a peur, plus on donne de la force à la haine et au désir de destruction qui ont pris possession de certains d'entre nous, il est indispensable de faire l'effort d'extirper du fond de nos cœurs cette peur de l'autre.

C'est, de plus, le meilleur remède pour nous libérer et nous permettre d'aller de l'avant dans nos propres vies. Face à ceux qui viendraient avec l'intention de nous détruire, il faut opposer les armes de la fraternité et de l'amour afin de les détourner de leurs objectifs, car tous les êtres humains peuvent changer, en bien comme en mal. De la même manière qu'une faible quantité de sucre se dissout aisément dans une grande quantité d'eau au point que l'on n'en sent même plus le goût, la haine se dissipe quand les peuples choisissent la fraternité et, ainsi, les cœurs fielleux deviennent invisibles dans les sociétés généreuses.

En outre, la guerre est un mal en ce qu'elle fait plus de méchants qu'elle n'en emporte (1). C'est ainsi que chacun de nous, en nettoyant son cœur, peut contribuer à la paix.

Pour le continent africain, en particulier, je forme des vœux pour que tous ceux qui sont en mesure d'agir unissent leurs forces pour un vrai développement au bénéfice des peuples, plutôt que de se battre perpétuellement pour la seule conquête du pouvoir, sans autre objectif que l'accès aux privilèges qui lui sont corrélés. Sans projet de développement, la lutte sans fin pour cette illusion de toute-puissance qu'est le pouvoir, mène inéluctablement aux conflits, au chaos et à la destruction des sociétés africaines. Il y a mille autres façons de servir son pays.

L'esprit de commerce, disait Montesquieu, unit les nations et l’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels (2). Commerçons et échangeons entre nations africaines plutôt que de s'ignorer, ou pire, de se combattre !

Il est grand temps de se rassembler et, par nos efforts communs, de servir les peuples d'Afrique, fatigués de souffrir, en leur apportant l'accomplissement qui leur est dû et en créant les conditions du renouveau et de l'espérance qu'ils méritent, chacun à la place qui est la sienne, main dans la main, y compris avec les politiciens, du moins ceux d'entre eux animés d'une volonté authentique d’œuvrer pour le bien de leurs concitoyens.

Pour tous, je forme des vœux pour que nous trouvions la détermination et le ressort nécessaire pour sortir de ce « chacun pour soi » triomphant, qui est l'essence de l'air du temps, afin de chercher ensemble des solutions, la première étant de retrouver l'esprit de partage, car il n'y aura de paix pour personne si l'on continue à accroître les causes du déséquilibre insensé entre les riches et les pauvres, afin qu'au bout du compte, nous n'ayons plus peur d'ouvrir nos frontières, nos portes et nos cœurs.

Je forme des vœux pour que nous ayons encore suffisamment d'amour en nous pour avoir l'envie d'en donner. Ne nous résignons à rien, tout est toujours possible, si on le veut !

Chérif Yancouba AÏDARA

(1) Projet de paix perpétuelle, Emmanuel Kant, 1796, Premier Supplément

(2) De l'Esprit des lois, Montesquieu, 1748, livre XX, chap. II

mardi 11 octobre 2016

Présentation - Le bonheur est une idée neuve en Afrique aux lecteurs de Polynésie française (Pacifique Sud)

Presentation Le bonheur

Le Président de la Fondation Chérif Yancouba AÏDARA présente son livre, Le bonheur est une idée neuve en Afrique, aux lecteurs de Polynésie française (Pacifique Sud)

La lutte contre la pauvreté, le partage des richesses, sont quelques-unes des thématiques abordées par Chérif Yancouba AÏDARA dans son livre, Le bonheur est une idée neuve en Afrique. Le message délivré par le Président de la Fondation est suffisamment universel pour susciter l'intérêt des lecteurs partout dans le monde, y compris dans les îles françaises du Pacifique Sud.

De plus, Chérif Yancouba AÏDARA apporte des solutions concrètes en matière de programmes de développement durable, fondées sur les principes de l'économie verte telle que définie par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement), c'est-à-dire une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l'équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources. (1)

Cette vision d'un développement global intégrant les dimensions sociale, économique et environnementale, proposée pour le continent africain, est non seulement applicable partout dans le reste du monde, mais relève plus que jamais d'une absolue nécessité pour préserver ce qui peut l'être encore.

(1) 2011, PNUE : « Vers une économie verte : Pour un développement durable et une éradication de la pauvreté - Synthèse à l'intention des décideurs » - http://www.unep.org/greeneconomy

samedi 25 juin 2016

La Fondation devient partenaire de l'Université de Foggia (Italie) pour réaliser des projets de développement durable en Afrique

Foggia

Le Président de la Fondation, Chérif Yancouba AÏDARA, a signé, le 22 juin 2016, un accord de partenariat avec les représentants de l'Université de Foggia située dans le sud-est italien. Cet accord prévoit une collaboration entre les chercheurs de l'Université, les entreprises italiennes et la Fondation, pour mettre en œuvre, au Sénégal, et dans différentes régions rurales du continent africain, les programmes verts présentés par la Fondation. Grâce, d'une part, à l'expertise scientifique des chercheurs de l'Université de Foggia dans les domaines de l'environnement, du développement local et de l'économie rurale émergente et, d'autre part, au dynamisme des PME italiennes, la Fondation espère créer des synergies qui favoriseront les échanges de connaissances avec les jeunes Africains désireux de se former aux sciences de l'environnement et du développement durable, et permettront de dynamiser les économies locales.

Foggia - université

lundi 20 juin 2016

La Fondation signe un accord de partenariat avec l'Institut Italien pour l'Asie et la Méditerranée (ISIAMED)

Dans le cadre de la lutte contre les migrations massives des jeunes Africains vers l'Europe par la création d'emplois sur le continent, le président de la FAC, Chérif Yancouba AÏDARA, accompagné du secrétaire général, Chérif Vieux AÏDARA, et du médiateur, Monsieur Alani MANAR, a signé un accord de partenariat avec le président de l'Institut Italien pour l'Asie et la Méditerranée, Monsieur Gian Guido FOLLONI.

ISIAMED est un organisme italien à but non lucratif créé pour mettre en œuvre, dans le monde entier, des programmes de coopération économique, commerciale, scientifique et culturelle.

ISIAMED Partenariat

Le président et le secrétaire général de la FAC se félicitent de cet accord de partenariat qui va permettre de déclencher rapidement, dans différents pays du continent, des programmes de développement durable, en particulier dans les domaines de l'agriculture biologique et de l'industrie agro-alimentaire biologique, de l'éco-construction, des énergies renouvelables et de la santé.

Concernant, l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche, l'accord signé entre la Fondation et ISIAMED prévoit également, pour les jeunes Africains, l'accessibilité à des cursus en ligne dans plusieurs disciplines, en lien avec une université italienne, ainsi qu'une possibilité de poursuite d'études en Italie à partir du niveau Master.

En outre, la FAC organisera, avec les universités africaines, des échanges avec des professeurs et chercheurs italiens experts en agronomie et développement durable.

jeudi 14 avril 2016

FAC Editions - Le bonheur est une idée neuve en Afrique

Le_bonheur_est_une_idée_neuve_en_Afrique

Le livre de Chérif Yancouba AÏDARA «Le bonheur est une idée neuve en Afrique- Solutions pour empêcher les départs massifs des Africains vers l'Europe» est en vente au prix de 12 euros.

L'intégralité du produit de la vente de ce livre servira à financer les projets de développement durable de la Fondation A.C.

Pour tout achat, vous pouvez contacter l'administrateur de la Fondation, Monsieur Boubacar SAMAKE au 00 (221) 776 17 38 38 ou par mail samake25399@yahoo.fr ou commander le livre au siège de la Fondation :

rue 8 x 23. Medina Dakar- Sénégal Code postal : 6707 Dakar - BP 3525 Téléphone : 00 (221) 33 82 31 603 Tel / Fax : 00 (221) 33 82 32 369

jeudi 14 mai 2015

Œuvrons ensemble pour un vrai développement de l'Afrique - Solutions pour empêcher le départ des Africains vers l'Europe

Interview du Président de la Fondation AÏDARA CHERIF (Union pour l'éradication de la pauvreté en Afrique), Monsieur Yancouba AÏDARA __ Nous avons demandé au Président de la Fondation, Chérif Yancouba AÏDARA, engagé dans la lutte contre la pauvreté en Afrique depuis près de 20 ans, de commenter les chiffres suivants et de nous faire part de son point de vue sur les causes et les solutions à apporter en matière de développement du continent africain. (Par le bureau Europe de la FAC)__

D'abord quelques chiffres bruts, actuellement, un migrant meurt toutes les deux heures en mer. Plus de 22 000 migrants ont perdu la vie depuis l'année 2000, soit une moyenne de 1500 par an. Depuis le début de 2015, donc en l'espace de quatre mois, 1776 personnes ont péri en tentant de traverser la Méditerranée pour atteindre l'Europe. La plupart d'entre eux viennent du continent africain.

Maintenant d'autres chiffres, Les 80 personnes les plus riches au monde cumulent une richesse équivalente à celle des 50% les plus pauvres de la planète, soit 3,5 milliards de personnes (rapport OXFAM 2015). Les quatre cinquièmes des habitants les plus pauvres de la planète survivent avec seulement 5,5% de la richesse produite dans le monde. La fortune de ces 80 personnes a augmenté plus rapidement que ce que possède le reste du monde, ce qui signifie que l'écart entre les très riches et les plus pauvres ne cesse de se creuser. Il est probable qu'en 2016, la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches dépassera les 50%. En d'autres termes, 1% des plus plus riches posséderont plus de richesses que l'ensemble des habitants de la planète (les 99% restants).

Q: Monsieur le Président, est-ce que ces chiffres, ajoutés à votre longue expérience dans la lutte contre la pauvreté et à votre connaissance du terrain, vous autorisent à rester optimiste, en particulier sur l'avenir de l'Afrique?

D'abord, je suis un homme de foi, foi en Dieu avant tout, mais aussi foi en la vie, en l'homme en général, en soi-même.

On ne peut pas avancer et on ne peut rien faire avancer en ce monde si on ne croit en rien. C'est comme si vous viviez sans anticorps. Il serait alors impossible de lutter contre les maladies. Sans croyance, on finit par s'étioler en sombrant dans la tristesse. J'ai toujours pensé que lorsqu'on s'engage dans quelque chose, quel que soit le domaine, il faut aller jusqu'au bout, jusqu'à la réalisation de son objectif. J'ai créé cette Fondation en 1998 pour aider les autres. Cela fait 19 ans que je me bats pour améliorer concrètement le quotidien de tous ceux qui croisent mon chemin et, il arrive parfois que le destin d'une personne, et conséquemment, de toute une famille, prenne une nouvelle direction, beaucoup plus favorable, si on lui donne l'opportunité, par exemple, d'étudier ou de créer sa propre petite entreprise. Pour moi, il n'y a pas de plus grande joie que de tendre la main, de partager avec ceux qui en ont besoin. L'égoïsme n'a jamais rendu les humains heureux et épanouis. Regardez autour de vous! (rires). Notre Fondation a pour appellation «Union pour l'éradication de la pauvreté en Afrique» ce qui indique clairement son objectif.

La pauvreté est la plus dangereuse de toutes les maladies parce qu'elle engendre tous les maux qui frappent les hommes. L'ignorance, la corruption, les maladies physiques, telle celle causée par le virus Ebola, la violence, les guerres prennent racine dans la misère. C'est dans la lutte contre cette maladie mortelle majeure qu'est la misère que le monde entier devrait concentrer ses forces. Nous, nous avons donc toujours pensé qu'il était possible de la supprimer. Et pourtant, nous ne sommes pas de doux rêveurs. Derrière les chiffres que vous me présentez, il y a des vies d'hommes, de femmes, la plupart du temps jeunes, d'enfants aussi, toutes prématurément interrompues.

Combien de dons, de talents, de capacités à jamais retournés au néant, combien d'écrivains, de musiciens, d'acteurs, de sportifs en devenir, de Fatou Diome, d'Alain Mabanckou, de Stromae, d'Omar Sy, de Patrick Viera, de Marcel Desailly, engloutis à jamais avec tous leurs espoirs alors qu'ils auraient pu enrichir l'Europe de leurs qualités et de leurs aptitudes hors du commun.

Quant aux autres chiffres, il est certain qu'ils sont le signe d'une fuite en avant qui n'a plus de sens, plus aucune rationalité. Après tout, les 80 personnes qui ne cessent d'accumuler des richesses sont, elles aussi, mortelles! Elles ne sont pas fondamentalement différentes des milliards d'êtres humains que l'on veut condamner à demeurer dans la pauvreté.

Si les quelques hommes les plus puissants de la planète n'ont plus le sentiment d'appartenir à l'humanité, nous nous dirigeons vers les pires dérives que l'Histoire ait produites. Si seuls quelques-uns ont accès à l'éducation, à la santé, à l'alimentation saine, à l'air non pollué, à l'eau potable, tandis que l'autre catégorie, celle des plus pauvres, est, par avance, condamnée à mourir, comment dans ces conditions pouvons-nous parler de bonheur et d'ordre juste? Qui peut accepter cette situation? Il ne peut y avoir de bonheur sans un partage et une redistribution des richesses.

L'ex Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui préside maintenant le groupe «Africa Progress Panel», a déclaré que «l'Afrique est un continent d'une grande richesse, alors pourquoi la part de l'Afrique dans la malnutrition et les décès d'enfants à l'échelle mondiale augmente-t-elle si vite? Parce que les inégalités altèrent le lien entre la croissance économique et les améliorations en matière de bien-être». Le rapport 2013 sur les ressources minières en Afrique souligne que la plupart des pays du continent, très riches en ressources naturelles, laissent pourtant les pauvres au bord du chemin. Pourquoi?

Des fortunes colossales se bâtissent sur l'or, les diamants, le pétrole, qui sont, il faut le souligner, des biens communs, alors que dans le même pays, les enfants continuent à mourir de faim. Le même rapport évoque une caste corrompue qui place son argent à l'étranger. On estime à 50 milliards de dollars US les sorties de capitaux illicites, plus que l'ensemble des dépenses de santé du continent. Sans une prise de conscience de l'élite africaine, sans un changement radical quant au sentiment d'appartenir à un même peuple, les enfants des bidonvilles africains continueront à traverser les mers sur des embarcations de fortune avec l'espoir simplement d'une vie digne, dussent-ils y perdre la vie, pendant que les enfants des plus riches, eux, continueront d'être envoyés dans les meilleures universités du monde.

L'écrivain français du 19ème siècle, Ernest Renan, disait que ce qui fait une nation c'est d'avoir souffert et espéré ensemble et que «la souffrance en commun unit plus que la joie».

Oui, il est sain de souffrir ensemble, plutôt que de vivre dans un luxe et une opulence inouïs, loin de sa terre natale et de son peuple, pendant que les vôtres meurent dans des naufrages, ou bien, lorsqu'ils parviennent à survivre, subissent des maltraitances, et cela uniquement parce qu'ils sont pauvres, alors que les pays qu'ils quittent, leurs propres pays, sont riches, immensément riches en ressources naturelles. «Une nation est une âme, un principe spirituel», voilà ce que dit l'auteur français. Ceux qui sont en charge de la destinée des peuples africains devraient y réfléchir avant d'acheter des dizaines de propriétés et de placer de l'argent à l'étranger...

Q: Mais est-ce que vous ne pensez pas que les responsabilités sont multiples?

Bien sûr. Notre continent est si riche en ressources naturelles que tous les plus gros requins sont là (rires). Le pétrole, le gaz, le cuivre, le cobalt, le fer, la bauxite, le charbon, l'uranium etc. Nous avons tout. Les grands groupes étrangers s'en donnent à cœur joie.

Selon le rapport sur les progrès en Afrique, la RDC, qui possède les plus grandes richesses minérales du monde, est un eldorado pour les investisseurs étrangers, qui enregistrent leurs sociétés dans des centres offshore, souvent aux Îles Vierges britanniques, ce qui engendre des pertes considérables pour les finances publiques. Le gouvernement de RDC se fait avoir sur les ventes de concessions aux investisseurs étrangers. Le rapport précise qu'«entre 2010 et 2012, la RDC a perdu au moins 1,36 milliard de dollars de recettes provenant de la sous-évaluation des actifs miniers vendus aux sociétés offshore». Concrètement, c'est la population qui en pâtit. Il y a en RDC 7 millions d'enfants non scolarisés et l'un des taux de malnutrition les plus élevés au monde. Imaginez ce que l'on aurait pu faire avec cet argent.

Et ce n'est sans doute qu'une petite partie de la totalité des pertes réelles. Une commission parlementaire a estimé que pour la seule année 2008, le gouvernement de RDC avait perdu 450 millions de dollars «en raison d'une mauvaise gestion, de la corruption et de politiques fiscales déficientes». Dans ce même pays, 17 enfants sur 100 n'atteignent pas leur cinquième anniversaire et sur 11,8 millions d'enfants de moins de 5 ans, presque la moitié souffrent de retards de croissance. Comment peut-on se croiser les bras devant une telle situation? __ Q: Alors, Monsieur le Président, que faudrait-il faire selon vous et que pensez-vous des solutions apportées, notamment par l'Union européenne?__

D'abord, ce que l'Union européenne ne doit pas faire, c'est utiliser la violence contre ceux qui veulent tout simplement vivre décemment. J'entends parler de destruction de bateaux, d'opérations militaires. S'il y a une guerre à mener, c'est contre la pauvreté. Les pauvres ne sont pas nos ennemis. Ce ne sont pas des criminels non plus. Même si on les tue par milliers, et d'une certaine manière, c'est le cas aujourd'hui, tant qu'il y aura cette misère en Afrique, rien n'empêchera les jeunes de tenter l'aventure de l'exil vers l'Europe.

Heureusement, il reste des hommes d'honneur, comme, par exemple, l'amiral italien Donato Marzano qui a déclaré à l'AFP qu'il continuerait à intervenir pour sauver les gens en mer

«Je suis un marin qui a passé 20 ans sur des bateaux. Si je trouve un bateau à la dérive, je suis désolé, mais je ne fuis pas. J'interviens pour sauver les gens en mer. Je ne sais pas si cela reflète ma culture italienne, mais je sais à coup sûr que c'est du droit international».

On a envie de crier «Vive l'Italie!» (rires). En tout cas, ça réchauffe le cœur. Les ministres européens, quant à eux, pensent avoir trouvé la solution, ils viennent de tripler le budget de l'Agence de contrôle des frontières extérieures de l'Europe (Frontex), soit 114 millions d'euros, environ 9,5 millions d'euros par mois. C'est de l'argent que l'Europe aurait pu investir plus judicieusement en Afrique pour créer des emplois, à la fois en Europe et en Afrique, dans des partenariats gagnant/gagnant. A regarder ce qui se passe, les décisions prises au plus haut niveau européen, on peut se demander s'il y a une réelle volonté de s'occuper des populations, qu'elles soient européennes ou africaines. Il devrait d'ailleurs y avoir plus de solidarité chez les populations victimes de la pauvreté organisée. Par exemple, on sait que l'évasion fiscale est aujourd'hui mondiale, c'est du moins ce qu'affirme le rapport de Monsieur Annan . Tout le monde triche, je parle des plus riches bien sûr.

Or, les États ont besoin que les entreprises participent à leur fonctionnement. Or, plus les entreprises sont riches, moins elles participent à la caisse commune. L'égoïsme encore et toujours! L'Afrique est malheureusement un «paradis» pour les entreprises tricheuses. La plupart des gouvernements africains n'ont pas une administration suffisamment performante pour contrôler les entreprises étrangères et prélever des impôts en proportion de leurs bénéfices. On parle de pertes moyennes annuelles de 38 milliards de dollars, c'est plus que la totalité de l'aide au développement perçue par le continent. Qui aura le courage de remettre, ne serait-ce qu'un peu d'intégrité dans tout ce fatras d’iniquité économique? Je ne le sais pas, car il faudrait vraiment un grand courage.

Q: A court terme, que peut-on faire pour sortir les populations africaines de cette misère dont elles ne sont pas responsables?

Le jour où ce que l'on va actuellement chercher en Europe se trouvera en Afrique, plus personne ne bougera.

L'Afrique est magnifique! Il faut donc attirer les investissements en Afrique dans le cadre de partenariats équitables en privilégiant l'économie sociale et solidaire.

Les idées de développement ne manquent pas. Elles viennent souvent de la société civile. Les gouvernements devraient être davantage à l'écoute des associations, Fondations, ONG qui ont de vrais projets de développement pour l'Afrique. Les instances de l'Union européenne devraient aussi apporter plus de soutien aux initiatives des organisations africaines non étatiques. L'environnement doit être préservé. Nous ne sommes pas obligés d'imiter les modèles de développement qui, ailleurs, ont complètement détruit la nature. Il faut développer les énergies renouvelables, surtout solaire, il faut développer l'agriculture biologique à grande échelle, le tourisme vert, l'aquaculture biologique. Tout ce que les Européens rechercheront bientôt se trouve en Afrique, une nature préservée (malgré les industries extractives), une nourriture saine, sans OGM (il faut résister à ceux qui nous disent que c'est bon pour l'Afrique et qui n'en mangent pas eux-mêmes), et surtout, l'esprit de partage, la solidarité, ça c'est la grande force de l'Afrique. Là où il y a un seul salaire, ce sont au moins 10 personnes qui mangent à leur faim. C'est cette solidarité qui nous a permis jusqu'à aujourd'hui d'être toujours debout malgré la misère qui nous accable. Mais il faut faire très attention aux retournements de situation tels que l'Histoire en a déjà connus de nombreuses fois! On commence déjà à entendre parler des jeunes Espagnols et Portugais qui tentent de s'installer en Afrique pour fuir le chômage qui ne cesse d'augmenter dans leurs pays. Eux aussi cherchent à améliorer leurs conditions de vie.

Sans emploi et sans espoir d'en trouver un, ils quittent leur terre natale, comme tous ceux qui rêvent d'une vie meilleure! C'est un réflexe normal de survie. Il en sera toujours ainsi.

Ceux qui ont colonisé l'Afrique n'étaient pas nécessairement les Européens les plus riches mais ils le sont devenus chez nous! En 2011, l'Angola et le Portugal on signé un accord qui a facilité l'octroi de visas d'entrée dans les deux pays! Il y a d'ailleurs plus de Portugais en Angola que d'Angolais au Portugal! (rires). Je reviens à la nécessité de développer l'Afrique pour dissuader la jeunesse de risquer sa vie en quittant sa terre. J'ai regardé ce qui se fait ailleurs. J'ai vu que le gouvernement mexicain, confronté au problème des travailleurs qui partaient en masse vers les États-Unis, a décidé de mettre à profit cette émigration pour développer le pays d'origine. C'est ainsi qu'est né, en 1986, le programme «Deux pour un» qui est devenu par la suite «Trois pour un». Il s'agissait pour le gouvernement mexicain d'apporter une contribution de deux, puis trois dollars, pour chaque dollar transféré vers le Mexique par les associations installées aux États-Unis. Les sommes transférées par la diaspora mexicaine ont permis de financer, au Mexique, de nombreux projets d'infrastructures, eau potable, écoles, éclairage public, routes, stades, etc.

Si les associations parvenaient à rassembler suffisamment d'argent pour créer une entreprise, le gouvernement accordait un prêt complémentaire et finançait une formation pour les employés. De nombreux mexicains ont choisi de rentrer travailler chez eux puisqu'ils y avaient créé leur entreprise. Cet exemple montre que si les dirigeants ont la volonté de développer leurs pays, on peut toujours trouver des solutions. Il suffit d'être à l'écoute des populations, surtout des jeunes qui, bien souvent, ont de multiples projets pour rendre leurs villages leurs régions, leurs pays prospères. __ Il faut miser sur l'intelligence collective, sur la coopération plutôt que sur la compétition et la concurrence. Il faut miser sur le partage, et non sur l'individualisme.__

Les élites de tous pays seront de moins en moins en paix si elles ne sont pas attentives à cette aspiration mondiale au «bien-vivre», comme disent les Américains du Sud, cette envie légitime de bonheur dans des sociétés plus humaines. L'Afrique est effectivement un continent émergent en pleine croissance, mais ce sont les Africains qui doivent maintenant bénéficier de ce développement. On doit avant tout penser aux êtres humains, toujours et partout.

Monsieur le Président, je vous remercie pour cette analyse.

(Propos recueillis par le Bureau FAC Europe)

vendredi 30 janvier 2015

Nomination de Madame Penda Seck Dieng en tant que Conseillère spéciale du Président de la Fondation Aïdara Cherif

Madame Penda Seck Dieng

Conformément à l'article 13 des statuts de la Fondation Aidara Cherif (F.A.C) - Union pour l'éradication de la pauvreté en Afrique, relatif aux attributions du comité de gestion de ladite Fondation en la matière et aux dispositions conséquentes prises par ledit Comité de gestion en sa réunion du 25 septembre 2014, tenue au siège de la Fondation, Immeuble Aïdara Cherif Rue 8 x 23 - Médina Dakar. Il est décidé la nomination de Madame Penda Seck Dieng

En qualité de :

Conseillère spéciale du Président de la Fondation.

jeudi 15 janvier 2015

Vœux du Président de la Fondation pour l'année 2015

En 2015, on continue !

L'année 2014 a été bien remplie avec, notamment, la distribution d'aides financières à dix associations regroupant quelque 2000 femmes.

Ce coup de pouce de notre Fondation a permis à ces mères de familles de démarrer une activité d'auto-entrepreneurs dans les domaines du petit commerce, du maraîchage, de la vente sur les marchés de produits biologiques frais et d'accéder ainsi à l'autonomie financière. Il faut souligner que ces mères de famille, désormais indépendantes, se sont engagées à apporter à leur tour leur soutien à d'autres associations d'ici trois ans, conformément au vœu de la Fondation AC de créer une véritable chaîne de partage sur notre continent, et partout dans le monde.

En outre, nous avons pu, en 2014, poursuivre notre soutien aux familles pour le paiement des frais scolaires des enfants et des frais médicaux pour tous. Et, bien sûr, nous avons continué à apporter une aide alimentaire aux familles dans le besoin dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, en particulier au Sénégal, en Gambie, en Guinée, en Guinée Bissau, en Mauritanie et au Mali. La Fondation est plus que jamais submergée par les demandes et nous faisons le maximum pour répondre à toutes les sollicitations dans la mesure de nos moyens.

En 2015, on continue...

Mais nous entrons dans une nouvelle étape. Nous allons doubler notre programme d'aides aux associations de femmes. En 2015, ce sont vingt associations qui recevront un soutien financier de la Fondation pour démarrer une activité agricole avec un objectif de commercialisation de légumes biologiques. De cette façon, tout le monde est gagnant, les citadins qui auront accès à des produits sains et les femmes des villages qui seront en mesure de subvenir aux besoins de leurs enfants.

Mais il reste encore beaucoup à faire.

Il y a dans le monde un nombre grandissant d'exclus et de laissés pour compte pour cause de maladie, de chômage, d'ignorance et de pauvreté. Pourtant "tout individu a droit à la vie". Chaque enfant, quelque-soit son lieu de sa naissance, doit avoir la chance de s'instruire et de se former à l'école en vue d'acquérir un métier et de réussir sa vie professionnelle. Malgré les difficultés grandissantes des populations, la Fondation reste présente à leurs côtés et ne "lâche pas la rampe".

En ce début d'année 2015, je forme des vœux pour que l'intérêt général l'emporte sur l'individualisme, la solidarité sur les convoitises privées, le sens de la fraternité humaine sur l'esprit partisan, la justice sociale sur l'abus des profits. Je forme des vœux pour la paix et une intensification du dialogue inter-religieux que, pour notre part, nous avons mis en œuvre depuis de nombreuses années en organisant, notamment, des rassemblements annuels avec toutes les confessions.

Je forme des vœux pour que le monde échappe à l'engrenage de la violence et qu'il devienne plus ouvert et plus fraternel en prenant conscience que nous appartenons avant toute chose à l'espèce humaine, que c'est tous ensemble que nous avons détruit notre environnement, que c'est tous ensemble que nous devons maintenant nous atteler à le sauver.

Je forme des vœux pour que les hommes s'unissent pour trouver et partager les solutions aux maux que nous avons engendrés.

Restons unis et nous serons plus forts! Nous avons plus que jamais besoin les uns des autres pour affronter les nombreux défis qui nous attendent.

Chérif Yancouba AÏDARA

« ...ceux qui méprisent le plus la raison, qui rejettent, qui repoussent l’entendement humain comme corrompu dans sa nature, sont justement, chose prodigieuse, ceux qu’on croit éclairés de la lumière divine. Mais en vérité, s’ils en avaient seulement une étincelle ils ne s’enfleraient pas de cet orgueil insensé; ils apprendraient à honorer Dieu avec plus de prudence, et ils se feraient distinguer par des sentiments non de haine, mais d’amour ; enfin, ils ne poursuivraient pas avec tant d’animosité ceux qui ne partagent pas leurs opinions, et si en effet ce n’est pas de leur fortune, mais du salut de leurs adversaires qu’ils sont en peine, ils n’auraient pour eux que de la pitié. J’ajoute qu’on reconnaîtrait à leur doctrine qu’ils sont véritablement éclairés de la lumière divine. »

Baruch Spinoza - Traité théologico-politique (1670)

jeudi 16 octobre 2014

La Fondation AÏDARA CHERIF lance le projet Algues et aquaculture biologique contre la pauvreté

(Interview réalisée par l'antenne Europe de la FAC)

Antenne FAC Europe : Monsieur le Président, pouvez-vous nous expliquer pour quelles raisons la Fondation se tourne aujourd'hui vers l'océan pour lutter contre la pauvreté?

En premier lieu, il ne faut pas oublier que nous avons toujours été tournés vers l'océan puisque dès le 15ème siècle, les pirogues africaines sillonnaient les mers et que la connaissance maritime des navigateurs de notre continent étaient si précises qu'ils se guidaient uniquement par l'observation de la direction de la houle et des courants ainsi que par l'évaluation de la profondeur de l'océan. Ils n'avaient pas besoin de boussole! Concernant le Sénégal, on peut dire que c'est un pays à vocation maritime, une nation de pêcheurs depuis toujours. J'ai rencontré récemment le Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, qui m'a fait part de l'inquiétude du monde de la pêche.

Aujourd'hui, les grandes puissances veulent tirer des océans les denrées alimentaires, l'énergie, les médicaments nécessaires au maintien de leur suprématie. L'Europe, la Chine, les États-Unis ont développé des stratégies d'attaque économique tournées vers les 71% des océans qui recouvrent notre planète. Ils appellent ça la «croissance bleue». Il s'agit de mobiliser les potentialités des mers, des océans et des côtes du monde entier pour créer de la richesse et des emplois chez eux. L'Union européenne a même lancé un programme «Connaissance du milieu marin 2020» qui est en train de collecter le maximum de données sur les fonds marins. Ces informations sont ensuite numérisées et exploitées. L'objectif est d'en tirer des applications pratiques devant engendrer un maximum de profits. On commence déjà à extraire de l'or, de l'argent du fond des océans, avec des dégâts environnementaux considérables. Les compagnies minières, les multinationales passent des contrats avec les gouvernements pour mener à bien, en toute tranquillité, leurs activités lucratives. Les populations ne sont généralement pas consultées. Les pêcheurs artisanaux n'ont ensuite que leurs yeux pour pleurer.

Antenne FAC Europe : Que peut faire Votre Fondation pour lutter contre cet accaparement de nos ressources marines?

La population doit prendre en main sa destinée. Je le répète, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour défendre nos vies. Nous devons nous unir et réfléchir ensemble aux moyens de protéger la nature qui assure depuis toujours notre subsistance. Le fait est qu'après l'accaparement des terres agricoles, ce sont les océans qui suscitent aujourd'hui les convoitises des marchés mondiaux. Actuellement, ce sont 800 millions de personnes dans le monde dont la survie dépend de la pêche. Rien qu'au Sénégal, on estime qu'au moins 600 000 familles vivent directement de la pêche. La solution est de s'organiser pour protéger nous-mêmes les eaux et les ressources qui sont notre bien commun. Les pêcheurs doivent faire entendre leur voix dans les processus d'accords de partenariat qui épuisent les ressources halieutiques dont dépend leur survie. La Fondation est prête, si nécessaire, à soutenir les fédérations de pêcheurs pour faire valoir ce droit à l'alimentation et à vivre de nos ressources naturelles devant le Comité mondial sur la sécurité alimentaire de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). Dans un premier temps, nous pouvons mettre en place rapidement, ensemble, de petites structures aquacoles biologiques et structurer la commercialisation des algues. Les femmes sont depuis toujours fortement impliquées dans le secteur de la pêche. C'est pourquoi, il est indispensable de faire participer les associations des femmes dès la mise en œuvre de ces nouveaux projets.

Antenne FAC Europe : Pouvez-vous nous en dire davantage sur vos projets d'aquaculture et de commercialisation des algues?

Concernant l'aquaculture, tout le monde affirme aujourd'hui qu'elle représente une solution face à la surpêche et à la raréfaction des stocks de poissons. Selon la FAO, d'ici 2030, la part de l'aquaculture représentera 65% de la consommation mondiale de poissons. En Europe, elle est actuellement de 25%, ce qui est négligeable face à l'Asie qui détient environ 90% de la production aquacole mondiale. L'aquaculture dans le monde enregistre un taux de croissance de 6,6% par an. C'est un secteur en pleine expansion. La Fondation va créer de petites fermes aquacoles, selon les règles de production biologique, gérées par les pêcheurs eux-mêmes. En ce moment, l'Europe affirme avoir un problème avec les «flux migratoires» en provenance du continent africain. Mais les jeunes qui quittent leurs familles et leurs villages, et parfois y laissent même leur vie, ne le font pas de gaîté de cœur. En réalité, ils préféreraient rester et travailler chez eux. Par ailleurs, l'Union européenne n'a pas d'espace maritime disponible pour les activités aquacoles. Nous, nous en avons. L'Europe devrait donc nous aider à développer l'aquaculture durable chez nous. C'est une logique de gagnant/gagnant. Nous, nous embaucherions ainsi des milliers de jeunes qui seraient heureux d'accéder à l'autonomie financière. Quant à l'Europe, elle réglerait de cette façon ce qu'elle considère comme étant deux problèmes majeurs, son approvisionnement en poissons et l'immigration. Aujourd'hui, les nations sont interdépendantes. Il n'y a plus de faibles ou de forts. Tous les accords peuvent se faire dans un esprit gagnant/gagnant.

Maintenant concernant les algues, on sait que depuis des siècles elles sont utilisées par l'homme, en particulier dans les pays asiatiques, pour l'alimentation, la médecine et l'agriculture du fait de leur richesse en minéraux et en polysaccharides (amidon, cellulose). A l'échelle mondiale, les algues sont exploitées majoritairement dans le secteur de l'agroalimentaire (70%,ndr). Depuis quelques années, elles sont devenues un aliment très recherché par les consommateurs occidentaux soucieux de leur santé. Des organisations internationales ont mis en place des programmes de culture de spiruline en Mauritanie. Nous-mêmes, à la Fondation, nous travaillons conjointement avec le laboratoire créé par l'éminent Professeur Abdourahmane Tamba qui a une grande expertise en matière de phycologie. L'université de Dakar a déjà testé les innovations du Professeur, notamment un aliment pour bébés à base d'algues qui permet de lutter contre la malnutrition. Les essais ont été très concluants. Il a été constaté que les enfants reprennent du poids beaucoup plus rapidement qu'avec n'importe quel autre aliment. Nous avons également fait goûter une autre création du Professeur, un délicieux pain à la farine d'algues comme substitut à la farine de blé, lequel a été unanimement apprécié. Aujourd'hui, le laboratoire est à la recherche de nouveaux moyens pour s'agrandir. Devant des résultats aussi prometteurs, je suis certain que nous allons parvenir à intéresser de nombreux sponsors. Certains grands chefs étoilés français ont déclaré que les algues étaient l'aliment du futur et qu'en 2050, elles seraient probablement le principal aliment de la mer consommé par les humains.

D'autre part, des laboratoires pharmaceutiques partout dans le monde étudient actuellement les propriétés thérapeutiques des algues. De nombreux compléments alimentaires à base d'algues sont déjà en vente avec un grand succès en Europe et aux États-Unis. Dans l'agriculture biologique, on fabrique de l'engrais avec des algues. On parle déjà d'algocarburant. On a commencé à utiliser des algues pour le traitement biologique des eaux usées avec un effet de réduction des teneurs en nitrates et en phosphates des eaux traitées. En Angleterre, une société commercialise un produit à base d'algues qui absorbe les métaux lourds. Bref, dans les secteurs de l'énergie, de la santé, de l'alimentation ou des cosmétiques, le potentiel des algues est énorme. Et on est probablement seulement au début des connaissances en la matière. Tous les gouvernements des pays industrialisés ont fait des biotechnologies un moteur de croissance. Pour que l'Afrique ne soit pas dépossédée, une fois de plus, d'une ressource précieuse, c'est le moment de nous unir pour tirer bénéfice de cette richesse commune. La Fondation n'a qu'un seul credo, faire en sorte que les ressources considérables de notre continent permettent d'éradiquer la pauvreté des populations. Pour cela, il n'y a qu'une solution, agir ensemble et retrouver nos valeurs ancestrales de partage. Nous sommes sur la bonne voie.

Antenne FAC Europe : Je vous remercie, Monsieur le Président d'avoir répondu à nos questions.

mercredi 3 septembre 2014

Présentation des Éditions de la Fondation AÏDARA CHERIF (Union pour l'éradication de la pauvreté en Afrique)

Questions au Président de la Fondation, Chérif Yancouba AÏDARA

(Propos recueillis par le Bureau Europe de la Fondation - 27/08/2014)

Editions de la Fondation Aïdara Cherif

Q: Monsieur le Président, pouvez-vous nous parler du parcours qui a été le vôtre et qui vous a conduit à la création de la Fondation ?

J'ai quitté le Sénégal très jeune, avec mon frère Vieux Aïdara, et nous avons tous deux parcouru et découvert le monde. Nous étions particulièrement intéressés par le milieu de l'entreprise et nous avons pu constater que partout la réussite économique et le progrès social vont de pair. Je me suis alors beaucoup interrogé sur le sort réservé à notre continent. Nous disposons d'un capital humain considérable (15,7% de la population mondiale, au 3ème rang derrière les continents asiatique et américain, ndr) et des ressources naturelles qui devraient nous permettre d'égaler, voire de surpasser économiquement nombre de grandes puissances actuelles. Nous vendons nos matières premières aux autres continents qui les transforment en produits finis ce qui créent leurs propres richesses.

Tandis que nos populations restent pauvres. Par exemple, nous vendons du coton brut à des entreprises étrangères qui nous vendent ensuite des chemises avec un grand bénéfice. Pourquoi les entreprises africaines ne seraient-elles pas capables de fabriquer des vêtements pour les Africains? Je pourrais dire la même chose pour le bois, le cuir, etc.

Il faut avoir confiance en nos propres capacités de redresser l'Afrique. Nous devons, nous aussi, profiter de la mondialisation et y prendre toute notre part. Il faut briser définitivement le pacte colonial. Le destin de l'Afrique n'est pas d'être dans la soumission perpétuelle.

Nous avons l'énergie, nous avons les talents et les capacités. C'est une question de volonté. De retour au Sénégal, mon frère et moi avons constaté des situations d'extrême pauvreté auxquelles il fallait faire face dans l'urgence. Au lieu d'agir au coup par coup, nous avons décidé de rationaliser notre action et nous avons eu l'idée de créer la Fondation AÏDARA CHERIF. Nous étions à la fin des années 1980. C'est en 1998 que La Fondation AÏDARA CHERIF a été reconnue d'utilité publique par le gouvernement du Sénégal. Aujourd'hui, nous avons des antennes en Gambie, en Guinée, Guinée Bissau et au Ghana. Dans tous ces pays, nous agissons au plus près des populations dans le besoin.

Q: Quelles sont les principales actions déjà à l'actif de la Fondation et quels sont les programmes de la Fondation AÏDARA CHERIF actuellement en cours ?

La Fondation a contribué depuis sa création à des centaines de distribution de biens de première nécessité et a mis en place des programmes de solidarité sociale sous la forme d'aide financière directe de dernier recours, de prise en charge des frais de scolarité pour les élèves méritants, de prise en charge des frais médicaux d'urgence, de soutien aux personnes sans emplois avec des enfants à charge, d'aide à la construction de logements sous la forme de dons de matériaux, d'accueil des orphelins dans les zones rurales.

Aujourd'hui, la Fondation, tout en poursuivant l'aide d'urgence, a mis en place des programmes orientés vers le développement durable, notamment dans le domaine de l'agriculture biologique et biodynamique ainsi que dans celui de la construction d'éco-villes modèles. Le cœur battant des éco-villes de la Fondation sera le complexe éducatif où sera prodigué un enseignement multilingue allant de la maternelle à l'université. Nous avons également le projet de créer un Institut des travaux publics qui aura pour mission de former des jeunes à tous les métiers du bâtiment avec l'objectif de former prioritairement des ingénieurs dans le secteur de la construction.

Les jeunes africains ne doivent pas se contenter d'emplois subalternes sur les chantiers. Ce sont eux qui doivent prendre les choses en main et diriger les chantiers au plus haut niveau. Il faut qu'ils soient formés à toutes les nouvelles technologies. Enfin, nous avons prévu l'implantation de centres de santQ: qui permettront d'offrir des soins accessibles à tous.

Q: Vous avez décidé de lancer les Éditions de la Fondation AÏDARA CHERIF, quels types d'ouvrages allez-vous proposer ?

La Fondation a décidé de se lancer dans l'aventure éditoriale en créant sa propre maison d'édition.

L'objectif est de créer une maison d'édition généraliste qui soit présente dans tous les domaines. Nous voulons faire de l'édition scolaire en proposant des manuels d'apprentissage des langues, français, anglais, arabe, chinois, portugais, adaptés aux élèves africains. Je lance d'ailleurs un appel aux enseignants, en activité ou retraités, qui souhaiteraient se lancer dans l'aventure de la conception de tels manuels.

Le multilinguisme est une spécificité africaine. Ce sera également une spécificité des Éditions de la Fondation AÏDARA CHERIF. Il y a en Afrique une expertise dans ce domaine que nous ne devons pas laisser disparaître. Les enseignants, fins connaisseurs des langues que j'ai citées, ont un devoir de transmission. De notre côté, nous allons recueillir ce savoir et le conserver en l'imprimant et en le diffusant.

A l'heure où la France vient de prendre conscience que la francophonie est un moteur économique et que l'avenir de celle-ci se joue en Afrique, nous contribuerons, à notre niveau, à ce renouveau francophone en éditant des ouvrages en langue française.

Pour rester dans le domaine de l'édition scolaire, mais cette fois pour le lycée, nous avons l'intention d'éditer un manuel de philosophie destiné aux lycéens africains francophones en ajoutant au programme classique des textes de philosophes africains qui méritent d'être mis à l'honneur et étudiés par nos élèves. Les Éditions de la Fondation AÏDARA CHERIF souhaitent aussi proposer des livres pour la jeunesse avec des bandes dessinées, des récits d'aventures, de la science-fiction, des contes et légendes d'Afrique. Nous les traduirons selon les besoins. L'objectif est de faire connaître les auteurs africains dans le monde entier. Nous serons ouverts également à la littérature, au théâtre, à la poésie et à l'Histoire.

Nous éditerons aussi des ouvrages consacrés à la religion et à la spiritualité. Les EFAC éditeront des livres traitant de questions de société ou d'actualité, des biographies et autobiographies, des guides touristiques aussi. Nous proposerons des livres autour de la thématique du développement durable, mais aussi des livres pratiques, comme les livres de cuisine, de bricolage, de santé naturelle, de mieux-être. Enfin, nous faisons appel aux photographes et aux artistes en général car nous avons l'intention de publier des livres de photographies et des livres d'art.

Cette liste n'est pas exhaustive. Nous sommes ouverts à toutes les propositions des auteurs et nous attendons les talents qui, nous le savons tous, sont nombreux en Afrique. Par exemple, nous pourrions également éditer des expatriés, s'ils le souhaitent.

Q: Pouvez-vous nous expliquer comment est née cette idée de créer les Éditions de la Fondation AÏDARA CHERIF ?

Créer une maison d'édition au sein de la Fondation me paraît une suite logique de mon combat pour le développement économique de l'Afrique et plus de justice sociale. D'abord, les EFAC doivent contribuer au « développement productif » de l'Afrique. Les livres seront imprimés en Afrique. Ils seront vendus à un prix accessible au plus grand nombre.

Nous voulons faire la promotion du « Made in Africa » en montrant qu'il est possible de produire des objets sur le continent. Nous sommes aussi capables en Afrique de produire des livres numériques, et c'est ce que nous avons l'intention de faire.

Deuxièmement, nous appliquerons ce que nous prônons, à savoir le développement durable. Nous serons très attentifs à la provenance du papier qui sera exclusivement certifié issu de forêts gérées durablement. Les EFAC seront de l'édition éco-responsable.

Troisièmement, même si la francophonie est un atout que nous ne devons pas perdre au profit de ce que d'aucuns appellent le « globish », nous devons cultiver notre multilinguisme originaire. Enfin, c'est l'élément le plus important, c'est pourquoi je l'ai gardé pour la fin. Je vais citer le grand humaniste Albert Jacquard qui avait dit « Appartenir à l'espèce humaine, c'est être dépositaire du trésor de questions, de réponses, d'angoisses, de projets peu à peu accumulés par ceux qui nous ont précédés ».

Chaque être humain se construit grâce aux autres, et les livres sont un formidable moyen d'accéder aux pensées, idées et visions de nos semblables. C'est pourquoi, les EFAC mettront les livres à la portée de tous. Et peut-être éditerons-nous des auteurs qui proposeront des idées nouvelles pour construire des sociétés africaines meilleures et plus justes. C'est ce que je souhaite.

Monsieur le Président, je vous remercie de ces réponses.

dimanche 3 août 2014

La Fondation AÏDARA CHERIF procède à la distribution annuelle de biens de première nécessité

Comme chaque année à la saison des pluies, la Fondation AÏDARA CHERIF procède à un événement très attendu par la population la plus nécessiteuse: la distribution de riz, de sucre, d'huile, de savons et de moustiquaires.

La Fondation effectue les livraisons par ses propres moyens dans les quatorze régions du Sénégal. Cette année, ce sont en particulier les familles monoparentales, celles accueillant des orphelins, et les personnes âgées, qui ont pu bénéficier de ces dons.

mardi 4 février 2014

Mondial Ecovillages 2014 - Interview du président de la Fondation dans le journal L'Espace

Une interview du président Yancouba Aïdara à propos des projets de la Fondation et du sommet mondial des écovillages qui se tiendra en 2014 à Dakar. Journal L'Espace, numéro 23. Novembre 2013

La une Espace 23 nov 2013

Espace 23 nov 2013 2

Espace 23 nov 2013 3

mardi 28 janvier 2014

Vœux du président de la Fondation pour l'année 2014

Agriculture vivrière dans le village de Tobor

L'année 2013 a vu naître le commencement de la concrétisation de notre programme d'implantation d'éco-villages en Afrique de l'Ouest. Grâce à notre partenariat avec l'association SOS Environnement, plusieurs hectares ont été plantés à Tobor (Sénégal ) selon les règles de l'agro-écologie.

2014 sera pour nous, plus que jamais, l'année de l'action.

La Fondation continuera de travailler et d'agir, comme elle le fait depuis dix-huit ans, pour le bien-être des populations et pour la préservation et la valorisation de la biodiversité des régions d'Afrique. Nous sommes sur le bon chemin. Mais nous avons encore de nombreux combats à mener. Il reste beaucoup à faire.

Nourrir, éduquer, soigner,

la Fondation poursuivra cette année le triple objectif qu'elle s'est fixée depuis son origine. Les éco-villages comprennent des systèmes éducatif et de santé ainsi qu'un projet culturel qu'il nous faudra mettre en œuvre. Ces futures réalisations créent beaucoup d'espoir et rassemblent des femmes et des hommes de tous horizons et des quatre coins du monde, motivés par des actions tangibles au bénéfice des habitants des régions isolées.

La clé de la réussite, j'en suis convaincu, c'est la solidarité, c'est l'entraide, c'est la fraternité.

Il est urgent de changer le monde, mais il faut commencer par soi-même, en évitant le repli sur soi et en se tournant vers les autres dans un esprit d'ouverture. C'est un dessein ambitieux capable de réunir et de susciter l'espérance. En cette nouvelle année, je forme des vœux pour la paix, pour la tolérance et la générosité.

La Fondation reste mobilisée contre la faim

et pour l'amélioration concrète des conditions matérielles d'existence des populations. J'espère que de nombreux partenaires s'engageront à nos côtés pour nous soutenir dans ce combat, et que le village de Tobor deviendra un modèle de développement économique, social et culturel dans le respect de l'environnement.

Il nous est aujourd'hui possible (…) de créer une société nouvelle, où chacun aura les moyens de réaliser ses aspirations et de vivre au niveau de ses potentialités, où il y aura des citoyens capables d'être à la hauteur d'idéaux et de valeurs partagés, et une collectivité qui traitera notre planète avec le respect qu'à long terme elle va certainement exiger. Toutes ces occasions sont là. Le danger réel, aujourd'hui, est de ne pas les saisir.

Joseph E. Stiglitz (prix Nobel d'économie en 2001)

Soyons unis et solidaires. Saisissons dès aujourd'hui ces opportunités d'initier une ère nouvelle. Puisse 2014 marquer le début d'une prise de conscience sur tous les continents, de la nécessité d'un changement radical.

Chérif Yancouba AÏDARA

samedi 16 novembre 2013

La Fondation AÏDARA CHERIF participe à l'extension du réseau des écovillages du Sénégal

Réunion écovillages Senegal 2013

Dans le cadre du renforcement du réseau national des écovillages, cinquante-quatre villages du Baol étaient présents à Ngoye Bambey, le 9 novembre 2013.

Les associations internationales, GEN Afrique, représentée par son président, Ousmane Pame, et SOS Environnement, représentée par le Pr Abdouhramane Tamba, partenaires de la Fondation étaient également présentes.

vendredi 11 octobre 2013

Protection de l'environnement - Régénération des mangroves à Tobor

President & vice-president

Le président et le secrétaire général de la Fondation, Chérif Yancouba AÏDARA et Chérif Vieux AÏDARA poursuivent le programme de préservation de l'environnement initié par la Fondation en 2008.

Dans le cadre de l'implantation de l'éco-village de Tobor la Fondation a mis en œuvre une opération de régénération des forêts de mangroves. En replantant ce capital naturel, la Fondation a pour objectif, notamment, de relancer le secteur piscicole (crevettes et poissons) ce qui permettra à la population de retrouver une source alimentaire et pécuniaire appréciable.

Le rôle essentiel des mangroves pour la protection des terres et le maintien de la pisciculture a été souligné, dès 2006, dans un programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUD).

lundi 7 octobre 2013

Premier Sommet Mondial des Ecovillages en décembre 2014 à Dakar

Cherif Yancouba Aïdara

Organisé par GEN International (Global Ecovillage Network) en partenariat avec la Fondation AÏDARA CHERIF, l'Agence Nationale des éco-villages du Sénégal, GEN Afrique, SOS Environnement, Gaïa Education.

Le premier sommet mondial des écovillages aura lieu en décembre 2014 à Dakar. Le réseau mondial des écovillages (GEN) parraine l'événement qui sera organisé conjointement par l'Agence Nationale des éco-villages du Sénégal, GEN Afrique, SOS Environnement, Gaïa Education et la Fondation AÏDARA CHERIF.

Le dernier rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) affirme qu'un Africain sur cinq souffre de la faim, et, selon la dernière étude d'Afrobaromètre, le Sénégal fait partie des quatre pays du continent où la pauvreté a augmenté ces trois dernières années.

Le premier objectif du Millénaire pour le développement, décidé en 2000 par l'ONU, fixait une réduction de moitié du nombre d'affamés d'ici 2015. Cet objectif ne sera pas atteint concernant le continent africain.

C'est ce contexte d'urgences alimentaire et sociale que la Fondation AÏDARA CHERIF souhaite voir pris en compte lors du premier sommet mondial des éco-villages qui aura lieu en décembre 2014.

Nous pensons, en effet, que les éco-villages, en mettant en œuvre une agriculture locale naturelle, permettent de lutter contre ce fléau qui ronge l'Afrique depuis trop longtemps de manière aberrante lorsque, par ailleurs, on connaît les richesses colossales en matières premières dont regorge le continent.

Dans l'éco-village de Tobor, qui a vocation à devenir la vitrine des éco-villages du continent, la Fondation a mis en place un système de banque foncière. Les terres sont attribuées aux familles qui les cultivent pour leur propre subsistance et accèdent ainsi à l'autonomie alimentaire. Le surplus est vendu à une banque alimentaire qui a pour tâche de commercialiser les productions agricoles au sein d'une épicerie solidaire. Ainsi, tout le monde y gagne, d'une part les familles qui sont assurées d'obtenir des gains pour acheter ce dont elles ont besoin pour améliorer leurs conditions d'existence, et,d'autre part, les personnes en difficulté qui peuvent trouver là de quoi se nourrir à un coût très bas. Nous avons aussi implanté un centre de formation en agriculture biologique gratuit pour les villageois, et ouvert à tous.

Mais Les éco-villages représentent aussi une voie vers une nouvelle économie qui refuse la logique du profit, de la compétitivité et de la concurrence, lesquels induisent la déforestation, la pollution de l'eau, de l'air, du sol et de l'esprit, pour faire du bien-être de l'être humain son objectif essentiel.

Outre le développement d'une agriculture naturelle qui contribue à la santé des populations, les priorités des éco-villages sont la mise en œuvre des énergies renouvelables pour répondre aux besoins en électricité et l'ouverture de lieux d'éducation, de formation et de création, tant pour les enfants et les jeunes, que pour les adultes.

Le sommet mondial des éco-villages est une chance, pour le Sénégal et pour l'Afrique, de réfléchir à une autre voie de développement, une voie peut-être authentiquement africaine, c'est-à-dire empreinte de solidarité et de partage, loin de l'individualisme forcené des cités qui s'enferment peu à peu dans le cercle infernal de la frustration, du désespoir, de l'agressivité et de la violence.

Chérif Yancouba AÏDARA

vendredi 27 septembre 2013

La Fondation AÏDARA CHERIF réunit les associations de femmes des quatorze régions du Sénégal sur le thème du micro-crédit

association de femmes et micro-crédit

A l'initiative de Madame Aissatou Mansata Soumare, responsable du micro-crédit au sein de la Fondation, les associations de femmes en provenance des quatorze régions du Sénégal se sont rencontrées le 25 septembre pour débattre des difficultés de l'accès au micro-crédit tel qu'il est actuellement conçu et des taux d'intérêt qui demeurent prohibitifs pour la plupart d'entre elles.

La formule la mieux adaptée serait le micro-crédit exempt d'intérêt, seul à même de leur permettre de démarrer une activité rémunératrice, condition sine qua non de leur autonomie financière. Dans les prochains jours, la Fondation va relayer cette requête auprès des organismes internationaux de micro-crédits.

association de femmes et micro-crédit

mardi 24 septembre 2013

Les représentants de GEN International, GEN Afrique et GAÏA Education en visite sur le site de l'éco-ville de Tobor (Casamance)

Gen International, Gaia Education Tobor

Une délégation de GEN International, reçue par les Président et Secrétaire général de la Fondation, Yancouba AÏDARA et Vieux AÏDARA, ont visité, en février dernier, le village de Tobor en Casamance, choisi pour y implanter la première ville entièrement écologique d'Afrique de l'Ouest.

Étaient présents Mesdames Kosha Joubert, présidente du Global Ecovillage Network affiliée à GEN International et Jane Rashbash, représentante de GAÏA International, le Dr. Ousmane A. Pame, Président de GEN Afrique, le colonel Ba, Directeur général de l'Agence nationale des Eco-villages du Sénégal et le Professeur Abdourahmane Tamba, Ambassadeur de GEN, Secrétaire exécutif de SOS Environnement et chef de projet de l'éco-ville de Tobor pour la Fondation.

L'objectif est de faire de Tobor une ville durable où, prioritairement, la nourriture biologique, le logement et l'éducation seront à la portée de tous. Mais le projet de la Fondation va plus loin puisqu'il a pour visée de faire de Tobor une ville belle et écologique, une ville conviviale, ouverte sur le tourisme vert et une ville créatrice et intelligente capable de s'adapter au mouvement du monde.

Gen International, Gaia Education Tobor

Gen International, Gaia Education Tobor

lundi 23 septembre 2013

La Fondation AÏDARA CHERIF soutient l'agriculture vivrière à Tobor

Agriculture vivrière à Tobor

La Fondation apporte son concours à l'association de femmes de Tobor et à sa responsable, Fatou Touré. Le riz, cultivé sans pesticides, sera partagé et procurera à chaque famille une auto-suffisance alimentaire.

Le président de la Fondation, Yancouba AÏDARA, appuie depuis une vingtaine d'années le retour à la gestion collective des terres en Afrique et la création de sociétés foncières autonomes fondées sur le principe ancestral que la terre est un bien commun.

Rizière Tobor

Rizière Tobor

vendredi 20 septembre 2013

La Fondation AÏDARA CHERIF pour une agriculture biologique équitable et durable

La Fondation poursuit son combat contre la faim tout en promouvant une agriculture 100 % biologique respectueuse de la nature.

agriculture bio en Casamance

L'objectif est de mettre à la portée de tous une nourriture saine et vivante exempte de pesticides dont la nocivité sur les hommes et leur environnement est avérée.

En partenariat avec l'association SOS environnement, trois hectares de bananes plantain, de soja et de moringa ont été plantés à Tobor (Casamance) dans les règles de l'agro-écologie en utilisant notamment le vétiver pour lutter contre l'érosion des sols.

La Fondation a pour objectif d'étendre ses plantations en diversifiant les cultures . Parallèlement, des formations à l'agriculture biologique en direction des jeunes et moins jeunes sont programmées.
Les personnes intéressées peuvent prendre directement contact avec la Fondation.

agriculture bio en Casamance

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