Cherif Yancouba Aïdara

Organisé par GEN International (Global Ecovillage Network) en partenariat avec la Fondation AÏDARA CHERIF, l'Agence Nationale des éco-villages du Sénégal, GEN Afrique, SOS Environnement, Gaïa Education.

Le premier sommet mondial des écovillages aura lieu en décembre 2014 à Dakar. Le réseau mondial des écovillages (GEN) parraine l'événement qui sera organisé conjointement par l'Agence Nationale des éco-villages du Sénégal, GEN Afrique, SOS Environnement, Gaïa Education et la Fondation AÏDARA CHERIF.

Le dernier rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) affirme qu'un Africain sur cinq souffre de la faim, et, selon la dernière étude d'Afrobaromètre, le Sénégal fait partie des quatre pays du continent où la pauvreté a augmenté ces trois dernières années.

Le premier objectif du Millénaire pour le développement, décidé en 2000 par l'ONU, fixait une réduction de moitié du nombre d'affamés d'ici 2015. Cet objectif ne sera pas atteint concernant le continent africain.

C'est ce contexte d'urgences alimentaire et sociale que la Fondation AÏDARA CHERIF souhaite voir pris en compte lors du premier sommet mondial des éco-villages qui aura lieu en décembre 2014.

Nous pensons, en effet, que les éco-villages, en mettant en œuvre une agriculture locale naturelle, permettent de lutter contre ce fléau qui ronge l'Afrique depuis trop longtemps de manière aberrante lorsque, par ailleurs, on connaît les richesses colossales en matières premières dont regorge le continent.

Dans l'éco-village de Tobor, qui a vocation à devenir la vitrine des éco-villages du continent, la Fondation a mis en place un système de banque foncière. Les terres sont attribuées aux familles qui les cultivent pour leur propre subsistance et accèdent ainsi à l'autonomie alimentaire. Le surplus est vendu à une banque alimentaire qui a pour tâche de commercialiser les productions agricoles au sein d'une épicerie solidaire. Ainsi, tout le monde y gagne, d'une part les familles qui sont assurées d'obtenir des gains pour acheter ce dont elles ont besoin pour améliorer leurs conditions d'existence, et,d'autre part, les personnes en difficulté qui peuvent trouver là de quoi se nourrir à un coût très bas. Nous avons aussi implanté un centre de formation en agriculture biologique gratuit pour les villageois, et ouvert à tous.

Mais Les éco-villages représentent aussi une voie vers une nouvelle économie qui refuse la logique du profit, de la compétitivité et de la concurrence, lesquels induisent la déforestation, la pollution de l'eau, de l'air, du sol et de l'esprit, pour faire du bien-être de l'être humain son objectif essentiel.

Outre le développement d'une agriculture naturelle qui contribue à la santé des populations, les priorités des éco-villages sont la mise en œuvre des énergies renouvelables pour répondre aux besoins en électricité et l'ouverture de lieux d'éducation, de formation et de création, tant pour les enfants et les jeunes, que pour les adultes.

Le sommet mondial des éco-villages est une chance, pour le Sénégal et pour l'Afrique, de réfléchir à une autre voie de développement, une voie peut-être authentiquement africaine, c'est-à-dire empreinte de solidarité et de partage, loin de l'individualisme forcené des cités qui s'enferment peu à peu dans le cercle infernal de la frustration, du désespoir, de l'agressivité et de la violence.

Chérif Yancouba AÏDARA